CES - Une décision controversée

  • Par alefa
  • Le 04/05/2013
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Ce 3 mai 2013, lorsque la Cour Électorale Spéciale et la Haute Cour Constitutionnelle ont proclamé la liste des candidatures validées pour l'élection présidentielle du 24 juillet, quelle ne fut la surprise en voyant apparaître le nom de Andry Rajoelina, actuel Président de la Transition, ce qui a immédiatement déclenché les ires et courroux de l'opinion publique contre la CES et la HCC sur leur neutralité et leur IMPartialité.

En fond, que s'est-il réellement passé, et comment?

La CES s'est tout d'abord référée aux textes juridiques pour traiter les différents dossiers par rapport aux critères requis et définis par le Code Electoral (LOI ORGANIQUE n°2012-005 portant Code Électoral). Au vu de certains cas spécifiques, elle a fait le choix d'y associer des décisions politiques, notamment en se référant à l'esprit de la Feuille de Route:

"Considérant que la Cour est soucieuse du principe de la liberté de tout citoyen de se porter candidat à toutes les élections, afin de permettre à tout un chacun de choisir librement celui ou celle qui dirigera leur destinée, pour instaurer un climat d’apaisement permettant de tenir des élections justes, crédibles et acceptées par tous"

La validation des dossiers de Didier Ignace Ratsiraka, Lalao Rakotonirainy épouse Ravalomanana et Andry Nirina Rajoelina découle de ce fait d'une considération politique. Chacun des trois représentent les trois chefs de mouvance. Mais alors, quid de la représentation de la mouvance Zafy ? Cette dernière finalement est « victime » de sa préférence à se concentrer sur le sommet organisé par la FFKM pour asseoir sa vision et ses ambitions. 

Car la CES était devant cette option cornélienne, soit de rejeter les candidatures pouvant heurter le texte du code électoral, et dans ce cas là un nombre certain de postulants aurait été éjecté (il pouvait aussi s’agir de ceux figurant dans la liste des 109 personnalités désignées non grata par l’UA), soit associer à sa décision l’ouverture prônée par la feuille de route, dans un souci d’apaisement, et ce faisant elle sait pertinemment s’ouvrir à toutes les critiques.

Devrait-on alors jeter l’anathème à la CES de ne pas avoir fait une interprétation stricto sensu des textes ? La CES a estimé que le caractère particulier de la Transition nécessitait un contournement motivé des textes pour la validation des dossiers « litigieux ».

Il est cependant fortement regrettable que la Cour Électorale Spéciale n'ait pas été plus transparente dans sa communication. L'opinion publique en ces temps troubles est avide d'explications claires car tout le monde se méfie de tout le monde, et plus particulièrement des institutions officielles, trop longtemps considérées comme des outils à la solde du pouvoir en place.

La question de la candidature de Marc Ravalomanana en personne se pose automatiquement. Mais dès lors que ce dernier a déclaré exiger l'acceptation du dossier de son épouse à sa place en contrepartie de son non-retour avant les élections et de la participation de sa mouvance aux élections, la discussion n'a plus lieu d'être.

En ce qui concerne les membres de la mouvance Andry Rajoelina qui se sont portés candidats, les dissensions internes représentent plus des courants et des ambitions différents, ce qui ne leur a pas permis de se rassembler autour d'une personnalité unique, notamment autour de celui d'Edgard Razafindravahy, actuel nouveau SG du TGV et désigné comme candidat du parti à l'issue d'un vote fortement controversé lors du congrès du parti.

Hajo Herivelona Andrinainarivelo est soutenu par le Vondrona Politika Miaradia, tandis que Camille Albert Vital est porté par l'association HIARAKA ISIKA. Des différences et des scissions comme il en existe au sein de la mouvance Ravalomanana avec le GMMR de Yves Aimé Rakotoarison et le Fi-TIM dirigé par Raharinaivo Andrianatoandro (en soutien à Ny Rado Rafalimanana), le TIM aile VyVato Rakotovao (en soutien à Edgard Razafindravahy), le parti MAMAFISOA créé par le candidat Rajemison Rakotomaharo pour se démarquer du TIM, sans oublier ceux qui ont suivi Raharinaivo Rakoto Andrianirina.

Autant dire qu'il est bien plus important aujourd'hui pour ces partis et mouvements de se concentrer sur un rassemblement que de débattre sans fin sur une situation qui en fin de compte les arrange, sans pour autant l'avouer publiquement pour ne pas froisser leurs partisans. Toute personne conscient de l'enjeu sait pertinemment qu'un respect à la lettre du Code Electoral aurait disqualifié bon nombre de candidats dont des personnalités majeures dans chaque camp et contribué à une plus forte radicalisation des positions. Dans tous les cas, la CES allait s'attirer les foudres d'une bonne partie de l'opinion publique, qu'elle ait validé ou pas ces candidatures "sensibles", payant le prix d'une trop forte politique dans le passé de son organe de rattachement. In fine, elle a préféré laisser le choix aux électeurs de censurer eux-même les acteurs politiques parmi ce "large" éventail de candidats, et dont le nombre restera certainement gravé dans les annales.

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