Humeur et Constat

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Mapar

Le MAPAR tente le forcing et se prend un mur

Le 26 février en milieu d'après-midi, deux jours après la désignation de Haja André Resampa par le MAPAR pour le poste de Premier Ministre, les députés issus du MAPAR et du GPS ont décidé de monter au palais d'Ambotsirohitra pour y déposer leur Premier Ministre. Officiellement, le député Jaona "Elite" affirme qu'ils viennent proposer au nom du GPS, forts de leur vingtaine de députés, le même candidat que le MAPAR pour la Primature. L'affirmation est toutefois surprenante car il semblerait que lors de la proposition de Haja Resampa, le GPS faisait déjà partie des signataires dans le cadre de la majorité réclamée par le groupe du MAPAR. Avec 20 députés donc, on peut venir proposer son choix sous prétexte de rejoindre un autre groupe plus nombreux? Et dans la contradiction du premier, Maharanty Jean de Dieu indique pourtant que « Certes, nous les députés issus du GPS n'ont pas le pouvoir de proposer notre candidat à ce poste de chef du gouvernement mais nous voulons montrer notre soutien à la nomination de Haja Resampa». Si la proposition du nom du futur Premier Ministre échet au parti ou au groupe de partis majoritaire comme le stipule l'Article 54, son interprétation n'en demeure pas moins controversée. La Haute Cour Constitutionnelle a sorti un AVIS concernant son interprétation, ce qui n'a pas force éxecutoire comme le serait un ARRET ou une DECISION, laissant donc au Président de la République le choix de nommer celui qu'il considère comme étant le plus apte à remplir cette fonction et notamment d'appliquer la politique qu'il aura défini tel défini dans l'Article 55 " Le Président de la République... détermine et arrête, en Conseil des ministres, la politique générale de l'État " ; " contrôle la mise en oeuvre de la politique générale ainsi définie et l'action du gouvernement " et dans l'Article 65 "Le premier ministre, chef du Gouvernement : conduit la politique générale de l'État " ; Le MAPAR a déjà fait savoir à travers le discours d'Andry Rajoelina que « c’est le MAPAR qui présentera le Premier ministre (...) Donc, il n’y aura pas de cohabitation, surtout au niveau du Premier ministre ». Il est donc inconcevable pour le Président de la République et pour ceux qui ont écouté et entendu son appel à la réconciliation et à l'ouverture que le futur Premier Ministre n'abonde pas dans ce sens.

« Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. » Nelson Mandela.

Ce forcing des députés du MAPAR et du GPS démontre à quel point le respect des institutions est bafoué. La proposition du candidat à la Primature a été faite donc pourquoi vouloir venir déposer et imposer leur homme par une démonstration de force, surtout après les propos agressifs à la limite de la décence et de la menace proférés par l'ancien président de la Transition lors de sa conférence de presse? Il en a résulté semble t-il du refus de la proposition par le Président de la République, et le MAPAR se doit à nouveau de trouver un autre candidat au poste de Premier Ministre.

 

 Sceau 

Une réorganisation de l'Etat qui traine et l'impatience de la population

Après avoir nommé divers Conseillers Spéciaux, l'opinon publique s'inquiétait de voir trainer la réorganisation de l'Etat. La nomination du futur Premier Ministre s'enlise dans les imbroglios politiques et c'est toujours Omer Beriziky qui dirige le gouvernement actuel. Ce jour enfin, les prémices des grands changements ont été entrepris avec la nomination d'un nouveau Directeur de Cabinet à la Présidence, d'un nouveau Secrétaire Générale à la Présidence, l'expiration du mandat des membres de la HCC et la nomination de trois nouveaux membres (quota du Président), d'un nouveau Directeur de la Sécurité Présidentielle mais aussi la cessation d'existence du Congrés de la Transition et du Conseil Supérieur de la Transition. Des remplacements très symboliques qui marquent à la fois une rupture forte avec le passé récent et un début du renouveau promis et pré-annoncé. Rappelons que ses décisions n'ont été prises qu'un mois après les grandes premières lors du Conseil des Ministres du 29 Janvier 2014 dont la suppression de la fameuse Force d'Intervention Spéciale (FIS) et de la Direction de la Sécurité du Territoire (DST), ce qui faisait douter la population sur la capacité de Hery Rajaonarimampianina et de ses conseillers à prendre les rênes de l'exécutif. 

La population s'impatiente de voir des actions fortes de la part de leur nouveau président, qu'ils aient voté ou pas pour lui. Il est dans une période de grâce pendant laquelle on attend de lui les changements qu'il a promis. A t-il le courage d'assumer et de réaliser ses promesses? Mérite t-il la confiance qu'on lui a accordé? Des premières mesures ont été prises, vont-elles être menées à bien et dans les règles? Prend-on réellement un chemin qui se démarque du passé? La rupture a t-elle vraiment lieu? Autant de questions que la population se pose et auxquelles Hery Rajaonarimampianina doit répondre par des actes. Pour un Etat fort, le Président doit montrer une image d'Homme Fort. Ne pas laisser ses adversaires prendre l'espace et le temps. Le temps pris actuellement peut sembler long, mais certaines décisions méritent de pures réflexions pour éviter des erreurs irrécupérables " le processus de nomination du Premier Ministre de la République devant encore être mené d’une manière concertée et comme aucun délai n’est imposé par les textes en vigueur en la matière, le Gouvernement de Transition d’Union Nationale, dans sa composition actuelle, continue d’exercer les pleines fonctions jusqu’à la mise en place effective dudit Gouvernement de la République, comme il est disposé par l’Article 2 du Décret n°2014 – 057 du 25 Janvier 2014. "

Le débat politique est une chose, rassurer la population est une autre. Le Président doit montrer qu'il travaille POUR le Peuple et qu'il agit POUR le Peuple.

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