Réflexion

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 "Hery Rajaonarimampianina a indiqué ce jour que le futur premier ministre devra être une personne capable de mettre en œuvre les politiques du président de la République. Le président malgache de poursuivre qu'il est disposé à collaborer avec toutes les entités y compris le MAPAR."

Les choses sont claires et il était temps que le Président élu montre qu'il est le capitaine du bateau et de ses 22 millions de matelots. Il n'est pas concevable que le futur Premier Ministre cherche à appliquer une politique autre et différente de celle définie par le Président de la République. Il n'y a et n'existe qu'UN seul président, c'est celui qui a été confirmé par la Cour Électorale Spéciale et personne d'autre ne doit se prévaloir de déterminer la politique à suivre du pays. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, et la volonté affichée du président de rompre avec le passé et d’œuvrer dans un véritable esprit de réconciliation orienté vers le développement a particulièrement motivé les membres du PMP à créer ce groupe pour paraphraser Théophile Randrianandraina ex-membre du TGV. Des alliances initialement considérées et qualifiées de contre-nature se sont formées assez facilement face à la situation. Une prise de conscience dans un même esprit républicain ont effacé les différences et les oppositions passées pour s'unir dans un même but: garantir une stabilité et faire avancer le pays avant de penser aux intérêts personnels et individuels. Par la suite, chacun reprendra son chemin.

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Comment peut-on faire confiance à des gens qui clament haut et fort que vous leur êtes redevable et qu'ils préparent un projet d'empêchement du Président pour très prochainement?

 

On se retrouve aujourd'hui avec la Plateforme pour la Majorité Présidentielle (PMP) composée des pro-HVM pour résumer la chose, donc un vrai renversement des alliances car parmi eux se trouvent la Mouvance Ravalomanana. Psychologiquement, la population a voté aux législatives en se basant sur le credo soutenir MAPAR = soutenir HVM et contre Ra8/Robinson, alors que c'était trompeur. Le MAPAR soutenait ANR et non pas HR et il a été créé pour et uniquement pour. Les indépendants, hors ceux affiliés d'avance à certaines entités, sont par la suite manipulés ou tout simplement monnayés. La réconciliation est impossible dans la mesure ou le MAPAR/ANR souhaiteraient avoir et le poste de PM, et plus du 3/4 des portefeuilles ministériels. Une remise à plat des tendances à savoir clairement pro-HVM (PMP) vs. pro-MAPAR clarifiera cela à travers une dissolution... c'est un avis personnel et je ne pense pas être le seul à l'envisager, surtout quand l'Assemblée à peine constituée, les grosses têtes du MAPAR affichent clairement leur intention de lancer dès les premiers jours un projet de destitution du Président, pas de stabilité en vue dans tous les cas donc. Le MAPAR projette également de prendre la présidence du Sénat, alors si destitution il y a, devinez qui sera nouveau Chef d'Etat par intérim? (cf. Art 50 de la Constitution) A vous de voir, mais se lever pour une cause républicaine est bien plus noble que se lever que pour une personne ou un groupement de personnes (J'ai bien dit de personnes et non de partis).

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Pourquoi plaider pour une dissolution?

La question n'est pas de plaider ou pas pour une dissolution mais d'envisager toutes les possibilités dans une situation de blocage ou plutôt de forcing menaçant la stabilité politique du pays, notamment après 5 années de Transition laborieux. Si le président se doit de s'imposer car la situation l'y oblige, il peut faire usage des prérogatives autorisées par la Constitution:

Article 60.

Le Président de la République peut, après information auprès du Premier ministre, et après consultation des Présidents des Assemblées prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale.

Les élections générales se tiennent soixante jours au moins et quatre-vingt dix jours au plus après le prononcé de la dissolution.

Une façon de remettre les choses à plat, sans interférence comme cela a été le cas auparavant avec le deuxième tour du scrutin présidentiel. Il s'agit aujourd'hui de choisir entre appliquer et soutenir une politique pour laquelle un président a été élu et qui a permis un début de retour à l'ordre constitutionnel ou la rejeter et vouloir appliquer une autre. La Plateforme pour la Majorité Présidentielle aujourd'hui formée et regroupant des députés indépendants, du Hiaraka isika, du VPM-MMM, du MTS, de la mouvance Ravalomanana, du Leader fanilo, du parti Vert et de la plateforme Les As et unis derrière le Président Hery Rajaonarimampianina peuvent à cette occasion s'allier et former un bloc défendant la politique du président. Le MAPAR quant à lui a déjà choisi de vouloir mener la barque tout seul à sa façon, rejetant toute idée d'ouverture vers ses opposants. 

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Si la situation actuelle perdure, Hery Rajaonarimampiaina se rapprochera d'une situation critique qui pourrait le forcer à prendre des mesures exceptionnelles et drastiques qui nous pénaliseraient de nouveau vis à vis de la Communauté Internationale alors que nous venons tout juste d'être réintégrés. 

Article 61.

Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, son unité ou l'intégrité de son territoire sont menacées et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics se trouvent compromis, le président de la République peut proclamer, sur tout ou partie du territoire national, la situation d'exception, à savoir l'état d'urgence, l'état de nécessité ou la loi martiale. La décision est prise par le président de la République en Conseil des ministres, après avis des présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et de la Haute Cour constitutionnelle.

La proclamation de la situation d'exception confère au Président de la République des pouvoirs spéciaux dont l'étendue et la durée sont fixées par une loi organique.

Dès la proclamation de l'une des situations d'exception précitées, le président de la République peut légiférer par voie d'ordonnance pour des matières qui relèvent du domaine de la loi.

Une prise de conscience est nécessaire par ces politiciens en mode politique politicienne, la situation socio-économique est plus qu'alarmante et critique, et le PEUPLE se doit aujourd'hui de réclamer ce qui lui revient. Je dis bien ce qui lui revient, pas forcément de leur choix lors des précédentes élections, mais ce pour quoi ils ont voté et ce pour quoi ils ont souffert et survécu ces dernières années.

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Premier duel au sommet... du perchoir

L'élection du nouveau Président de l'Assemblée a opposé Christine Razanamahasoa, ex-Ministre de la Justice de la Transition à son ancien homologue du Tourisme, Jean-Max Rakotomamonjy. Tous les deux sont issus du même parti, à savoir le Leader Fanilo, mais ont chacun choisi de soutenir un camp différent. Si la première, connue pour sa fidélité à Andry Rajoelina, se présentait au nom du MAPAR, plateforme soutenant l'ancien Président de la Transition, le second a été présenté par la Plateforme pour la Majorité Présidentielle regroupant la Mouvance Ravalomanana, le VPM-MMM, le Hiaraka isika, le Parti Vert, les "As" et des indépendants. Au final, Christine Razanamahasoa remporte le vote par 77 voix contre 69, une victoire annonçant la mainmise du MAPAR sur l'Assemblée Nationale car les six autres postes de vice-présidence lui reviendront également par la suite.

De cette conquête de l'Assemblée Nationale, le MAPAR veut en faire son cheval de bataille pour réaliser le grand chelem et réclame le droit de désigner un Premier Ministre issu de leur rang sans perdre de vue la Présidence du Sénat. Si Andry Rajoelina, par amour de la Patrie, affiche sa peine lors de sa conférence de presse au Carlton Anosy le 21 février au soir et a décidé de décliner sa désignation par son parti, il continue néanmoins de jouer les trouble-fêtes car il laisse au bureau national de son parti, le choix de désigner un autre candidat au poste de chef du gouvernement.

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Un combat de légitimité entre Présidents

La Cour Electorale Spéciale a déclaré Hery Rajaonarimampianina vainqueur de l'élection présidentiel face à son adversaire Jean-Louis Robinson. Si ce dernier était présenté par le parti Avana et soutenu par la Mouvance Ravalomanana, le premier se présentait sous les couleurs du Hery Vaovao ho an'i Madagasikara avec le soutien du Président de la Transition. Et c'est ce soutien aujourd'hui que l'ancien Président de la Transition monnaye, estimant que le nouveau Président lui est redevable de sa victoire d'une part, et qu'il a le contrôle de l'Assemblée Nationale de l'autre, donc en position de force pour jouer le rôle de Maestro aussi bien dans la direction du pays, que dans la direction de la politique du Président élu selon une partition qu'il a écrite lui-même d'avance, et qu'il souhaiterait jouer avec son propre orchestre. Dans la même lignée, le MAPAR vise également la présidence du Sénat, lequel hormis le prestige de la place et de la fonction, demeure un poste clé en cas d'empêchement, démission ou décès du président en exercice selon la Constitution

Article 52

Par suite de démission, d'abandon du pouvoir sous quelque forme que ce soit, de décès, d'empêchement définitif ou de déchéance prononcée, la vacance de la Présidence de la République est constatée par la Haute Cour constitutionnelle.

Dès la constatation de la vacance de la présidence, les fonctions du chef de l'État sont exercées par le Président du Sénat.

En cas d'empêchement du Président du Sénat constatée par la Haute Cour constitutionnelle, les fonctions de chef de l'État sont exercées collégialement par le Gouvernement. 

Ces prédispositions peuvent expliquer l'insistance du MAPAR pour s'imposer au sein de toutes les institutions, forçant automatiquement le Président de la République à se mettre à l'abri et en levant un bouclier républicain autour de lui car s'il tombe pour une raison ou une autre, ce n'est pas tant sa personne qui flanchera mais c'est toute la république qui va s'effondrer. Cinq longues années de crise ont précédé ces dernières èlections, et durant lesquelles Madagascar a eu un mal fou à se faire reconnaître ses dirigeants. Tous les partis et entités politiques, sans oublier les indépendants et la société civile, tous ont intérêt de préserver la tête de l'éxécutif, porte-fanion d'un espoir de redémarrage de la vie socio-économique du pays. La Plateforme pour la Majorité Présidentielle nouvellement née est donc composée d'éléments qui peuvent avoir été adversaires jusqu'il y a peu, mais qui s'allient aujourd'hui pour former un bloc autour du Chef de l'Etat.

Madagascar, pays des contradictions et des confrontations.

Si certains qualifient les alliances républicaines de contre-nature, d'autres y voient un élan ou un sursaut de conscience et de prise de responsabilité face à une situation donnée. Dans le cas présent, le Président nouvellement élu est déjà menacé d'empêchement par les élus du MAPAR et leurs alliés indépendants; menace sérieuse que ces derniers sont prêts à initier si leur exigence d'hériter du palais de Mahazoarivo n'est pas satisfaite. L'on se retrouve donc aujourd'hui avec une majorité en quasi position d'opposition et l'opposition naturelle qui rejoint la Plateforme pour la Majorité Présidentielle (PMP) à l'image de la Mouvance Ravalomanana. Outré de cette alliance de circonstance, Andry Rajoelina a déclaré que Hery Rajaonarimampianina « a trahi ses partisans et le peuple malgache en choisissant de renier sa famille politique et en se ralliant à ses adversaires politiques (...) Au lieu de renforcer la cohésion au sein de sa famille politique, le président a choisi de se solidariser avec ceux qui ont réclamé sa disqualification lors de l’élection », une accusation forte et une menace à peine voilée envers celui qui était considéré comme son poulain, et de rajouter que « c’est le MAPAR qui présentera le Premier ministre (...) Donc, il n’y aura pas de cohabitation, surtout au niveau du Premier ministre » annonçant de fait que si c'est un Premier Ministre issu du MAPAR qui est choisi, il sera hors de question que ce(tte) dernier(e) cohabite avec son ennemi naturel, considération allusive à ce que pourrait advenir de Hery Rajaonarimampianina et de son équipe dans leur volonté d'ouverture et d'amorce de la réconciliation nationale.

"La Constitution est claire, le président de la République nomme le Premier Ministre présenté par le parti majoritaire à l'Assemblée Nationale. Ca a le mérite d'être clair" a martelé Andry Rajoelina, argument plus ou moins renforcé par l'Avis n°01-HCC/AV du 17 février 2014 portant interprétation des dispositions de l’article 54 de la Constitution.

Cependant, deux alternatives s'offrent au Président dans une situation aussi chaotique et critique:

Article 54.

Le Président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale.

Il met fin aux fonctions du Premier ministre, soit sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement, soit en cas de faute grave ou de défaillance manifeste.

Si le futur Chef du Gouvernement refuse d'appliquer la politique définie par le Président, il aura donc la possibilité de le sanctionner car

Article 55.

Le Président de la République: (...)
6° détermine et arrête, en Conseil des ministres, la politique générale de l'État ;
7° contrôle la mise en oeuvre de la politique générale ainsi définie et l'action du gouvernement ;

alors cette disposition de la Constitution est applicable et permettra au Chef de l'Etat de démettre le Premier Ministre de sa fonction et imposer une autre personnalité de son choix.

Dans le cadre d'une menace de motion d'empêchement comme prônée haut et fort par plusieurs ténors du MAPAR, tout en considérant le fait que cette plateforme soutenant l'ancien Président de la Transition compte également rafler la présidence du Sénat

Article 50.

L'empêchement temporaire du président de la République peut être déclaré par la Haute Cour constitutionnelle,saisie par l'Assemblée nationale, statuant à la majorité des deux tiers de ses membres, pour cause d'incapacité physique ou mentale d'exercer ses fonctions dûment établie.

En cas d'empêchement temporaire, les fonctions de chef de l'État sont provisoirement exercées par le Président du Sénat.

alors le Président de la République peut recourir à la dissolution de l'Assemblée Nationale comme définie dans l'Article 60 de la Constitution et citée plus haut. Par ailleurs, de plus en plus de voix réclament non seulement la dissolution de l'Assemble Nationale, mais également l'organisation d'une nouvelle Assemblée Constituante à la place.

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 Une Constitution incohérente ou inadaptée

Loin de vouloir proposer une nouvelle Constitution ou de suggérer un amendement quelconque, la question aujourd'hui est de savoir si la dernière Constitution en vigueur issue du référendum du 17 novembre 2010 est réellement adaptée au système Malgache. Initialement fortement contestée, celle-ci propose un régime hybride mi-parlementaire mi-présidentielle avec des incohérences et des contradictions, obligeant Omer Beriziky, Premier Ministre de la Transition et toujours en fonction jusqu'à la nomination de son successeur, à adresser une requête auprès de la Haute Cour Constitutionnelle afin de clarifier exactement les fonctions inhérentes au Président de la République et du Premier Ministre car les "ambiguïtés au niveau de ces deux hautes fonctions au sein de la République pourraient obstruer l'administration publique" a t-il dit.

Que faire? Que penser? Que supposer?

La question se pose dès lors, la Constitution doit-elle être changée ou amendée?

Dissolution de l'Assemblée Nationale pour garantir une stabilité de l'Etat et échapper à une motion d'empêchement?

Nomination d'un Premier Ministre du MAPAR avec la possibilité que ce dernier soit démis de ses fonctions pour incompatibilité, incohérence et non application de la politique définie par le Chef de l'Etat?

Forcing du Président en imposant un Premier Ministre de son choix, éventuellement issu d'une entité politique autre que le MAPAR ou de l'opposition naturelle (Mouvance Ravalomanana)?

Une chose est sure, il est temps que le Président Hery Rajaonarimampianina démontre qu'il est le Capitaine du bateau, qu'il est celui qui dirige et qui mène son équipage de 22 millions d'âmes vers le cap qu'il a fixé, qu'il s'est fixé, et que ses promesses de changements n'ont pas été de simples paroles de cérémonie. Un élan républicain regroupant des électeurs de tous bords en plus des politiques attendent de pied ferme ses prochaines décisions, et souhaitent le voir agir et réagir dans l'intérêt du peuple et du pays. Un geste fort renforcera sa popularité et le soutien dont il a besoin en ce début de mandat difficile, une erreur de jugement lui fera perdre le crédit de son élection et de la période de grâce traditionnellement accordée à tout nouveau dirigeant.

Monsieur le Président, écoutez ces voix, écoutez ces appels, voyez ces mains tendues, à vous de choisir la meilleure voie de sortie de crise car c'en est une autre après la précédente qui a duré cinq longues et interminables années...

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